Sortie du film Au Cœur du Bois | Aux captifs, la libération

Quant aux détenus, Libération est partenaire du film Au Coeur du Bois qui sortira en salles le 8 décembre. Le réalisateur Claus Drexel a réalisé ce film, qui part à la rencontre des personnes en situation de prostitution dans le Bois de Boulogne, qui a déjà été réalisé par Au Bord du Monde, à la rencontre des sans-abri, sorti en 2014.

Au Cœur du Bois a reçu de nombreux prix : le grand prix national du documentaire au FIPADOC 2021, le prix du jury du meilleur long métrage français au Champs-Elysées Film Festival 2021 et le prix du public du meilleur long métrage IndieLisboa 2021. de l’association Aux captifs, la libération, qui rencontre chaque semaine les prostituées du bois de Boulogne.

Pourquoi l’association Aux captifs, la libération est partenaire du film Au Cœur du Bois ?

En 2013, Claus Drexel réalise le film Au Bord du Monde, où il rencontre des SDF à Paris, dont certains sont soutenus par l’association : les laisser parler en intervenant un peu, en accueillant ce qu’ils disent sans aucun jugement. Nous avons proposé à Claus de faire un film équivalent avec les prostituées rencontrées au Bois de Boulogne. Nous l’avons accompagné dans le lancement de sa démarche : Pour les personnes très dangereuses dans Au bord du monde, il s’agit de faire rencontrer un public à la rencontre de ces personnes, souvent transgenres, qui ont accepté de tourner en face à face.

Comment ce film montre-t-il – ou non – l’action menée par les Captifs auprès des personnes prostituées ? Cela reflète-t-il votre position sur la prostitution ?

Pendant 1h30, le public parcourra les bois, un peu comme ceux que nous faisons plusieurs soirs par semaine, tout au long de l’année : il regardera et écoutera ces gens sans choisir qui il rencontrera. Certains mots peuvent le surprendre, mais dans certains cas, il entendra aussi de la détresse.

Ce n’est pas un documentaire sur la prostitution dans son ensemble : il n’est pas représentatif de tous les cas de prostitution, notamment les cas de traite. Il ne développe pas une attitude régulatrice ou dérogatoire à l’égard de la prostitution.

Comme dans les voyages de la société Aux captifs, la libération, il s’agit d’aller à la rencontre des gens, d’être à l’écoute de la complexité de son histoire et de sa situation actuelle, et de respecter sa liberté : il n’y a pas de « projet » Pour les gens que l’on fait ensemble.

Certaines d’entre elles exprimeront peut-être un jour leur désir de prostitution, et nous pouvons les y soutenir, notamment à travers les Chemins de civilisation de la retraite, qui ont été édictés par la loi de 2016.

« Ce film ne vous laisse pas dire : voyez qui sont ces gens et ce qui se passe vraiment. »

Pourquoi est-il important de sensibiliser le public aux dangers de la prostitution ? Comment pensez-vous que ce film fonctionne?

Il y a un énorme décalage entre l’image de la prostitution dans notre société, qui alterne entre glamour ou le contraire de la pitié, et la réalité de ce à quoi sont confrontées les personnes que nous rencontrons. Ce film ne vous laisse pas dire : voyez qui sont ces gens et ce qu’ils vivent vraiment. La prostitution peut conduire à des accouchements difficiles à détecter. Et les gens qui arrêtent la prostitution disent à quel point cette période a été traumatisante.

Les jeunes vulnérables se retrouvent souvent dans cette situation, c’est pourquoi les Captives travaillent avec les écoles depuis plusieurs années. Mais la société doit aussi faire face à la complexité des situations de prostitution, et souvent à la détresse de ceux qui les vivent.