Les crimes du futur, un film de David Cronenberg, sortie en salles le 25 mai 2022

« La chirurgie est le nouveau sexe »… une réflexion sur l’espèce humaine menée de main de maître par le réalisateur de Frissons, Rage, Chromosome 3, Scanners, Videodrome, La mouche, Faux-semblants, Crash, eXistenZ…

Résumé : Alors que l’espèce humaine s’adapte à un environnement synthétique, le corps humain est soumis à de nouvelles transformations et mutations.

Avec la participation de sa compagne Caprice (Léa Seydoux), Saul Tenser (Viggo Mortensen), célèbre interprète, met en scène la métamorphose de ses organes dans un spectacle avant-gardiste.

Timlin (Kristen Stewart), une enquêteuse du Bureau du registre national des organes, suit de près leur pratique.

C’est alors qu’un mystérieux groupe émerge : ils veulent profiter de la notoriété de Saül pour révéler au monde la prochaine étape de l’évolution humaine…

Les crimes du futur s’étendent sur des sujets que j’ai déjà abordés. Les fans verront des clins d’œil à des scènes et des passages de mes films précédents. C’est une façon de poursuivre mon exploration des technologies liées au corps humain.

« Dans Future Crimes, l’artiste crée consciemment des œuvres d’art à partir de son corps… On parle beaucoup de personnes vivant dans des réalités différentes, voire alternatives, mais je pense que cela met en lumière le concept du corps comme réalité ultime. .. La science-fiction vous libère et vous permet d’explorer des phénomènes qui sont loin d’être étrangers à la nature humaine. La SF permet toujours d’aller au fond des choses, d’étudier la condition humaine… en voyant par exemple comment d’autres structures sociales peuvent changer le comportement des personnages de l’histoire que vous racontez. »Ce film me ramène à ce bénéfice de la SF, que je n’avais pas abordé depuis longtemps », raconte David Cronenberg.

Associé à des thèmes récurrents comme le double et la métamorphose, le maître de l’horreur corporelle peut s’appuyer sur des faits avérés qui rendent son histoire plus crédible aujourd’hui. Crimes of the Future a été écrit il y a plus de vingt ans et contient les dernières découvertes scientifiques sur la présence de plastique dans notre sang, par exemple.

Elle s’attache aux corps, à la sexualité :

« Dans Crash, la sexualité était omniprésente, mais elle restait courante (sauf que les gens faisaient l’amour dans des voitures), alors que dans Future Crimes, le sexe est loin d’être la norme, les gens se sentiront moins directement concernés, du moins c’est ce que je pense. la raison pour laquelle les faux semblants ont provoqué un choc est qu’il s’agissait d’examens gynécologiques.Pour un gynécologue, c’est un travail quotidien, mais pour beaucoup de gens, l’idée même de mettre une main, un doigt ou un instrument médical dans le vagin d’un étranger a quelque chose de spécial à ce sujet « insupportable… Un artiste met tout dans l’art : son goût, son âme, y compris son propre corps. Cela semble évident. Il y en a qui vont même jusqu’au point de non-retour, à l’irréparable. C’est vrai, j’ai ajouté « l’organographie de Saul Tenser » : l’art que produit son corps ce sont de nouveaux organes qu’il découvre et révèle. Il ne sait pas vraiment comment il les fait naître, mais c’est sa pratique artistique. Ce sont de nouveaux concepts, de nouvelles productions de son organisme. »

Les premières images de Future Crimes nous projettent dans un futur proche où l’humain devient un hybride de viande et de technologie, un futur alternatif. David Cronenberg explique alors :

« J’ai vu une tonne de programmes de streaming… et il y a tellement de téléphones, d’ordinateurs, de SMS et de vidéos… donc comme c’est un futur alternatif, j’ai décidé qu’il n’y en aurait pas, pas de technologie actuelle, pas de voitures, et les seules technologies qu’on y verrait seraient anciennes, même si certaines d’entre elles seraient très avancées. On n’explique pas pourquoi le monde est dans cet état. On n’explique pas qui le conduit… c’est un très Ambiance impressionniste, onirique. »

Nous sommes à un tournant de l’histoire humaine et plusieurs questions se posent : le corps humain peut-il évoluer d’une manière qui résout les problèmes que nous avons créés ? Peut-il générer un système qui lui permette de digérer les plastiques et les synthétiques, non seulement pour apporter une solution au changement climatique, mais aussi pour grandir, prospérer et survivre ?

Sources Interview de David Cronenberg par Serge Grünberg